William Saroyan: The Man The Writer, A Documentary Film

Comment j'ai Photographier Saroyan

En 1964, après mon arrivée à Fresno, en Californie, j'avais un grand désir de faire la connaissance de William Saroyan. Comme photographe, je voulais capturer sa grandeur, ses sentiments naturels, et dépeindre son génie spécial. Pourtant, Saroyan me semblait opposé à poser devant le photographe. Après plusieurs tentatives manquées de trouver Saroyan, l'occasion est enfin arrivée.

Un jour j'ai discuté la possibilité de faire le portrait de Saroyan avec mon ami, le sculpteur Varaz Samuelian. Puisque Varaz était aussi un bon ami de Saroyan, j'ai eu l'idée de dresser mon appareil photographique et mes éclairages dans son atelier de peinture en anticipation de la visite de Saroyan. Varaz aimait l'idée, et j'en étais ravi.

C'était un jour mémorable quand Varaz m'a appelé le 26 Mars, 1976, pour me faire savoir que Saroyan était à Fresno et qu'il ferait peut-être une visite à son atelier. Je me suis dépêché pour dresser mon appareil et mes éclairages après mon arrivée à l'atelier de Varaz au coin des rues San Benito et "O" au centre de la ville de Fresno.

Quelques heures plus tard, Saroyan est arrivé à bicyclette. Je demeurais debout derrière des sculptures inachevées, assez agité et espérant, pendant que Saroyan et Varaz s'embrassai et se saluai avec grand bruit et pourtant chaleureusement, d'une manière typiquement arménienne. Je n'étais pas loin d'eux, et bien que Saroyan m'ait vu, il ne me faisait pas attention exprès.


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Varaz Samuelian, William Saroyan, Paul Kalinian
26 Mars, 1976, Fresno Californie


Pour ne pas perdre du temps, je lui ai offert la main et je me suis présenté comme photographe. J'ai demandé à Saroyan si je pouvais peut-être faire quelques photos de lui.

"Fichez-moi le camp," était la réponse de Saroyan.

"Mais Monsieur Saroyan, je..."

J'ai essayé d'expliquer, mais ma voix était étouffée par sa réponse exubérante:

"J'ai dit non... Vous ne pouvez pas entendre? Je n'en veux pas."

"Mais pourquoi?" ai je demandé.

En me regardant directement aux yeux, il m'a répondu, "Je ne veux pas me faire photographier. Vous devez l'oublier."

Puis il a tourné vers Varaz, et il a dit, "Qui est cet homme? Pourquoi insiste-t-il comme ça?"

"Willie, il est mon ami, et un bon photographe," a dit Varaz.

Après peu de temps, l'attention de Saroyan a tourné aux oeuvres d'art différent. J'ai fait un signe de tête à Varaz et j'ai dit d'une voix basse:

"Varaz... écoute... guide-le à ton atelier de peinture où j'ai dressé mon appareil"
"OK... ok…," a dit Varaz.

Une demi-heure plus tard quand les deux hommes sont entrés dans l'atelier, Saroyan a remarqué mon appareil pendant qu'activer mes éclairages. Son visage a exprimé son malaise.

"Vous faites mon portrait?"

"Non, Monsieur Saroyan, je ne fais. Je n'ai pas de film dans l'appareil."

Il s'est approché et il m'a demandé d'ouvrir l'appareil. Quand j'ai ouvert le fond de mon appareil et je lui ai montré une porte-film vide, il s'est détendu enfin et s'est assis sur une table faite d'une boîte en bois directement devant l'appareil photographique. J'ai vite attaché au fond de l'appareil une porte-film déjà chargée sans qu'il le sache.

Pendant les moments à suivre, Saroyan a commencé à se confier à moi. Il s'est aussi intéressé à moi et m'a demandé de lui parler au sujet des Arméniens dans mon Liban natal. Pendant ces conversations fascinantes et chaleureuses en Arménien, j'ai fait plusieurs photos de lui.

Puis Saroyan m'a demandé de chanter une chanson Arménienne, "Giligia." Pendant que nous chantions, nos émotions s'élevaient. C'était difficile pour lui de retenir les larmes dans ses yeux.

"Je vous aime, Paul," a dit Saroyan. "Maintenant faites toutes les photographies que vous voulez faire." À vrai dire, j'avais déjà fait la plupart des mes prises furtivement même avant qu'il ait exprimé sa générosité.

Deux semaines plus tard, Saroyan, à bicyclette, a fait une visite inattendue à mon atelier à Fresno. Il a regardé l'un de ses portraits accroché au mur, a ri bruyamment, et a dit, "Je n'ai jamais vu ma figure avec cette expression..." Il a tiré un livre de sa poche avec le titre "Ne Vous En Allez Pas Mais S'il Le Faut Dites Bonjour À Tout Le Monde" et il l'a signé, "Pour Paul Kalinian, un grand photographe-artiste. Avec mes sentiments les meilleurs, William Saroyan, Fresno, le 8 Avril, 1976."

La prochaine année et les dernières cinq années de sa vie, il a fait beaucoup de visites inattendues à mon atelier. Je me souviendrai toujours avec affection de nos conversations intéressantes et émouvantes ensemble.

Merci, Varaz, pour faire réaliser mon désir.